Mouna Rebeiz, de l’ombre à la lumière

Amoureuse de la musique, Mouna Rebeiz dévoile sa face cachée, avec ses Opéras, invitation a la contemplation et «démarche quasi métaphysique».

mouna rebeiz - de l'ombre à la lumiére
Les Troyens, série « Opéras », 2009 Huile sur toile 200x250cm


Impertinente et vive, elle virevolte et s’anime en parlant. Alerte, parfois abrupte, celle que l’on décrit comme un « feu » ou un « volcan » n’a pas froid aux yeux. Mouna Rebeiz n’est pas à un paradoxe prés, attirée par les scènes orgiaques ou les « épures », les nus sans détours ou les abstractions pures. Vibrante et vivante, elle habite Paris depuis quatre décennies, après avoir grandi à Beyrouth dans une famille de musiciens, peintres, poètes. « Le Liban est une synthèse de l’Orient et de l’Occident, comme mon art. » Son talent se révèle avec son premier tableau, en 1996, virtuose copie d’un bouquet de roses de Van Huysum. Elle éprouve vite le besoin de se libérer, avec Origines, relecture hardie de Courbet, et son contrepoint « Fin », sexe féminin suturé par un ruban de satin noir. « La femme est à l’origine et a la fin de la vie. L’humanité est en deuil lorsque la femme n’engendre plus, et se referme sur elle-même. » Avec sa série Betty Boop en 2012, elle questionne l’être et le paraitre, la confusion entre réel et virtuel. Et en s’appropriant le tarbouche, couvre-chef traditionnel, elle s’empare avec brio d’un emblème masculin, en tant que femme. En 2016, elle peint le tragique Chaos, magnifique exorcisme après les fusillades. Avec vigueur, elle dénonce le « trash » à l’épreuve du beau, qui mène à l’absurde et au néant. Les corps qu’elle aime peindre deviennent moins charnels, plus évanescents, et l’amènent a l’abstraction. L’idée de « retranscrire la musique en peinture » s’impose pour elle, qui vit en musique, écoutant non-stop le Requiem de Mozart et les opéras « dramatiques ». Toujours en quête de sensations fortes, elle cite Kierkegaard:
« L’homme est une tension angoissée vers la transcendance ». Et s’empresse d’ajouter: « Pour moi, l’art ne peut être que sacré. Quand je peins, je suis habitée ».


1975 Mouna Rebeiz quitte le Liban en guerre et arrive à Paris, où elle étudie la psychologie à la Sorbonne.

1995 Rencontre Alix de la Source, spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles, qui l’initie aux grands maitres des écoles flamande et française et à la pratique de la peinture.

2005 En hommage à Courbet, elle peint un tableau audacieux : “origines”

2008 Première œuvre abstraite, le “vaisseau fantôme », dans la série « Opéras »

2015 “Le tarbouche”, solo show à la Saatchi Gallery, Londres.

2016 Détournement de la couverture de “connaissance des Arts” à l’occasion du lancement de la nouvelle formule du magazine

image 1
Carmen, série Opéras, 2008, huile sur toile, 133 x 194 cm

image 2
Songe de Tarbouche, série « Le tarbouche », 2013, huile sur toile, 255 x 190

image 3
Stigma, 2009, huile sur toile avec feuilles d’argent, 190 x 125 cm

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